La revanche des geeks

Ils ont longtemps été victimes de leur manque de sociabilité, de leur désintérêt des codes vestimentaires «cool» (baskets Airmoux, sac Westpack, etc. .). On s’est moqué d’eux, les traitant d’«intellos» (Bouh ! La honte ! Il a un cerveau !). Mais le temps de la revanche est venu. Pas la peine de courir ils sont déjà là, partout. Beaucoup ont délaissé leur uniforme de pull jacquard, pantalon sous les aisselles et lunettes culs de bouteilles pour mieux se mêler à nous… Les geeks reprennent le dessus. Tremblez terreurs des cours de récré, ils connaissent peut-être votre IP !

Freaks

Avant tout: qu’est-ce qu’un geek? A l’origine, ce mot viendrait de l’allemand «geck» et du hollandais «gek», qui signifient tous deux un «fou». Dès le XVIIIème siècle, des «gecken» sont exhibés par les foires ambulantes. Il s’agit alors de personnes souffrant de déformations physiques, ou d’un handicap étrange. Ce phénomène part d’Europe puis atteint les Etats-Unis, où les personnes présentées sont aussi appelées «freaks», «chaînon manquant» ou «homme sauvage». Par élargissement le terme sera peu à peu utilisé pour tous les gens excentriques, étranges, différents.

Avec l’essor des nouvelles technologies dans la seconde moitié du XXème siècle, le mot geek commence à désigner les matheux, et autres passionnés de sciences. Dans les catégories de stéréotypes des lycées américains, les geeks sont des intellectuels qui n’ont presque pas de vie sociale et se replient dans leur monde fait d’érudition et souvent d’imaginaire fantastique. De nos jours, le geek est non seulement féru d’informatique mais aussi de science-fiction, de jeux de rôles, de cinéma ou de comics. En fait, on reconnaît le geek à son intense soif de savoir quel que soit son ou ses domaines de prédilection. Il recherchera par exemple des éditions rares s’il aime une certaine bande dessinée, apprendra à parler elfique s’il vénère Tolkien, ou récitera de tête l’intégralité des personnages de Star Trek toutes générations confondues s’il a plus accroché avec le Capitaine Kirk.

Ne pas confondre…

Pour ne pas tout mélanger, au risque d’en offenser certains, voyons les différences entre geek, nerd, no-life et otaku. Le nerd a ceci de commun avec le geek qu’il est passionné de nouvelles technologies. Mais le geek est plutôt technicien, et le nerd, au contraire, théoricien. De plus, en anglais, le mot nerd a une connotation bien plus péjorative que le sympathique geek. Pour le no-life, la base la plus rudimentaire de la langue de Shakespeare vous permet de le comprendre : il s’agit là d’une personne qui n’a aucune vie sociale et passe son temps cloîtré chez lui, sans pour autant avoir le même niveau de connaissances (notamment informatiques) que les geeks ou les nerds. Enfin le otaku, est, un peu comme le no-life, une personne qui passe le plus clair de son temps à une activité d’intérieur (lecture de mangas, jeux vidéo…). Il y a une notion d’obsession dans le terme japonais qui n’est pas non plus très flatteuse.

Geek power

La révolution technologique a été le terreau de la métamorphose geek. Bill Gates (big boss de Windows) et son rival Steve Jobs (fondateur d’Apple) en sont deux des principaux emblèmes. Il y a quelques décennies, on les aurait traités d’illuminés, probablement enfermés à l’asile… « Mais oui, M.Jobs, vous allez fabriquer une machine capable de contenir des milliers de chansons dans quelques grammes de métal, bien sur…Allez, soyez gentils, prenez votre petite pilule, hein ». Seulement dans l’ère du progrès technologique, de plus en plus d’esprits comme les leurs sont sollicités. Les geeks aiment l’informatique, s’imaginer de nouveaux univers à partir de rien ? Vous m’en mettrez 10 000, j’en ferai des concepteurs de logiciels ou de jeux. Ils ne raffolent pas du contact avec des personnes hors de leurs centres d’intérêt ? Qu’à cela ne tienne, nous organiseront de gigantesques évènements où ils pourront échanger avec leurs pairs (conférences sur le web, débats PC contre Mac, Japan Expo, Jeux de rôles grandeur nature, etc).

Il semble que notre société moderne se soit adaptée à une population de geek grandissante. Plus qu’une tendance, c’est un véritable raz-de-marée geek qui déferle sur la planète. Ceux qui apparaissaient comme des ratés sont devenus attachants, et même admirables. Bande dessinée, web comics, musique, cinéma, séries télévisées, littérature, et même monde de la mode, tout le monde veut le sien. On peut se demander ce qui provoque ce soudain engouement. Est-ce l’originalité de ces individus, leur anticonformisme que l’on aime ? Ou avons-nous simplement enfin compris le génie potentiel de ces hommes et femmes (les geekettes) ? Toujours est-il que d’Abby, la craquante gothique de NCIS à Peter Parker, l’alter ego de Spiderman, les zéros sont devenus nos héros.

Quelques références geekologiques :

Films : trilogie Star Wars; trilogie Le Seigneur des anneaux; tous les Star Trek; Retour vers le Futur; Hackers, Antitrust; Napoleon Dynamite; H2G2, le Guide du voyageur galactique; Ghost in the shell; La Mouche; Cyprien; films de série Z (on peut surement ajouter le récent Avatar)

Livres : L’Encyclopédie du savoir relatif et absolu; Le sauveur de l’humanité, toute l’œuvre de Tolkien

Télévision : Star Trek; X Files; Buffy contre les vampires, The IT Crowd, The Big Bang Theory, Doctor Who; Beauty and the geek (télé réalité)

Jeux vidéo cultes: Pacman; Tetris; Mario bros; Prince of Persia; Dune; Final Fantasy ; World of Warcraft

Héros : Albert Einstein, Steve Jobs, Rodolphe (personnage publicitaire qui a tout compris), Steve Urkel

Jumo.com: un réseau social humanitaire

Chris Hughes, un des fondateurs de Facebook et le créateur de My.BarackObama.com, a annoncé jeudi le pré-lancement de son nouveau projet : Jumo.com. Il s’agit d’un réseau social entièrement consacré au monde associatif, ou « développement global » selon les termes du wonder geek, qui inclue dans cette définition un éventail très large : des soins gratuits à l’aide agricole, en passant par les projets éducatifs…

Populaire, politique…

Avec ses collocs de Harvard (Mark Zuckerberg, Eduardo Saverin, et Dustin Moskovitz), Chris participe en 2006 au lancement de Facebook. Ce site estudiantin devient rapidement un géant du net, devançant depuis le 17 mars 2010 Google en terme de connections. Mais en 2007, Chris a quitté la poule aux œufs d’or pour se lancer dans la campagne « Yes we can » d’Obama. En tant que membre du pôle communication et médias, il met en place le site My.BarackObama.com, MyBO pour les intimes. Le but : rassembler les militants, les informer sur ce qu’ils peuvent faire, à leur échelle. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça a fonctionné puisque la mobilisation autour de l’actuel président a été sans précédent.

Puis philanthrope

Après les élections, Chris Hughes décide d’aller voyager, observer, apprendre autour du monde. Il se rend en Afrique, en Amérique latine, dans le sud de l’Asie…Il tombe amoureux du Kenya et du Sénégal, le pays où lui viendra l’idée du site, et son nom (en langue yoruba, « jumo » signifie « ensemble, de concert »). Il était assis sur le toit d’une auberge, au coucher du soleil, et observait tous les gens qui s’activaient, puisant de l’eau, portant du bois, s’occupant des enfants. C’est le déclic qui amène Chris à cette idée : Aucun groupe, aucune ONG ne peut tout faire seul, mais chacun peut faire un peu, donner de ses compétences, de son temps ou de son argent pour une cause qui lui tient à cœur.

Engagement sporadique

Ce qui différencie Jumo de l’application « Causes » de Facebook, c’est avant tout la démarche. Selon Chris Hughes, les personnes qui donnent à une association à travers « Causes » connaissent déjà l’ONG et ses actions, et donnent de manière ponctuelle, par exemple en cas de crise, c’est en quelque sorte l’étape finale de ce qu’il appelle le parcours du donateur. Ce volontariat sporadique, on a pu le voir aussi lors du séisme a Haïti : les gens donnent à un instant T, et se disent qu’ils ont fait leur part. « Trop souvent, quand les gens pensent à aider le monde, ils pensent à une photo d’enfant africain affamé, en sous nutrition, ils envoient 10$ et ça leur suffit ». Toujours à propos d’Haïti, le créateur de Jumo.com explique « J’ai été frustré de voir des moments d’engagement qui ne fonctionnent pas comme une partie d’un processus beaucoup plus large pour soutenir ces organisations afin de s’assurer que [de telles] tragédies ne se produisent plus ».

Militantisme durable

Partant du principe que de nombreuses personnes souhaitent s’investir dans une cause mais ne savent pas toujours laquelle ou comment aider, le petit génie du réseau social veut créer des liens profonds et durables entre associations et volontaires. Selon les information que fournissent les inscrits, des associations lui sont proposées, présentées, et il peut obtenir tous les renseignements qu’il désire avant de faire son choix, de s’engager dans le long terme au près de celles-ci. Cela pourrait permettre de résoudre le problème qui s’est imposé à Chris Hughes : « C’est Fou que nous soyons allé aussi loin technologiquement, et en tant que civilisation, et que plus d’un milliard de personnes vivent avec moins d’un dollar par jour. Ce n’est pas comme si nous n’avions pas assez de ressources, nous n’avons juste pas encore trouvé comment les distribuer ».

Un autre avantage du site : il devrait permettre aux petites ONG de rivaliser avec les plus grandes en terme de visibilité, n’ayant pas toujours les moyens de s’offrir une communication à grande échelle. Pour le moment, le site n’affiche que quelques pages, avec des offres d’emploi pour le site lui-même, une page d’inscription aux questions assez aléatoire. Le lancement complet devrait avoir lieu cet automne entre septembre et octobre. En attendant de voir le résultat, on ne peut que saluer une initiative de création d’un réseau social qui regarde plus loin que son nombril !

Un garçon gentil

En promo depuis quelques semaines, le livre Sex@mour de Jean-Claude Kaufmann. Ce chercheur du CNRS y traite du flirt en ligne. Lors d’une émission de radio, ce sociologue a retenu toute mon attention avec le propos suivant : « Elles (les femmes qui fréquentent les sites de rencontres) ne veulent pas d’un certain type d’homme, trop gentil. […] Elles veulent du plus sérieux […] du bad boy. Je vois des tchats et des forums d’hommes gentils qui se concertent entre eux et qui se demandent : Comment faire pour devenir un petit peu bad boy? ».

Or, j’ai souvent entendu des hommes dire : « Je ne comprends pas, pourtant, je suis un garçon gentil ! » en parlant de leur célibat, ou d’une énième déconvenue sentimentale. Cette phrase m’a toujours laissée perplexe. En fait, cette phrase m’agace.

Quelle est exactement cette qualité mise en avant par tous ces hommes dédaignés par la gente féminine? Est-ce vraiment de la gentillesse ?

Il y a le garçon qui se plie à la moindre volonté de sa compagne, quitte à lui laisser tout pouvoir, toute décision. Peu engageant, à moins d’être une dominatrice dans l’âme.

Il y a le garçon avec qui un conflit est impossible. Pas par pacifisme, juste parce qu’il ne peut pas le supporter, il est trop sensible. Qui a envie de vivre dans le monde sucré de Oui-oui ?

Il y a le garçon qui dit oui à tout, en attendant que sa compagne fasse de même pour tout exigence qu’il aura par la suite. Ne serait-ce pas un peu du chantage affectif ?

Est-ce qu’une femme, de nos jours, relativement indépendante au point de vue financier et affectif, a envie de se lier à un garçon soumis, faible ou émotionnellement peu mûr ?

Et à cette interrogation légitime, l’une des réponses qui m’est fréquemment retournée est : « de toutes façons maintenant, les filles tout ce qu’elles veulent, c’est un gars plein de fric ! »

A ce point de la discussion, je m’insurge… Dis donc, toi, le gentil garçon, pourquoi dragues-tu dans les boites de nuit ? De surcroît, penses-tu que la donzelle court vêtue et outrageusement maquillée qui hante ces lieux est vraiment faite pour toi qui te poses en garçon honnête, doux et gentil?

Tout ça me donne une impression étrange. Les hommes disent avoir intégrer des valeurs féminines, mais il semble que ce qu’ils attribuent aux femmes ne soient pas des valeurs, mais plutôt des faiblesses : la soumission, la fuite devant les conflits, le chantage affectif…

Ils critiquent le comportement féminin mais continuent d’appliquer des schémas classiques parfois à la limite de la misogynie. Les insultes sont encore fréquentes, même sur ces sites de rencontres modernes.

Une solution pourrait être qu’après la libération de la femme, l’homme trouve maintenant sa place dans ces nouveaux jeux amoureux.

Un peu de cute dans ce monde de brutes

Là, c’est sur, on va tous crever. Si c’est pas en 2012 avec l’apocalypse inca-sarkozyste, ce sera plus tard à cause de la pollution / troisième guerre mondiale / invasion extraterrestre. En plus comme c’est la crise, on va passer nos vacances sur le parking du Lidl en pensant aux prochaines 70 années qu’il nous reste à cotiser (si on ne crève pas avant). Bref, les temps sont durs et les occasions de sourire plutôt rares (et comme tout ce qui est rare est cher, on ne peut pas se les offrir). Heureusement, il nous reste un rempart imparable contre la morosité ambiante : le cute (prononcez kioute).

Mais qu’est-ce donc que le cute ? En anglais dans le texte c’est le ‘mignon’. Mais plus qu’un adjectif, c’est devenu un concept. La plupart du temps, ce sont les enfants ou les animaux qui entrent dans cette catégorie surreprésentée sur le net. Personnellement, les gamins me font plus peur qu’autre chose, donc je ne mettrai pas de vidéos du test du marshmallow ou d’une petite fille un peu givrée, ni même l’hilarante défonce d’un môme de 7 ans, z’avez qu’à cliquer ! Par contre, les bébés animaux, ça fait vibrer ma corde sensible. Point de cynisme possible, juste un grand sourire un peu niais assorti du ‘oooooooooooh’ de rigueur…Trois, deux, un…Souriez bêtement !

Beauté : la promesse du bonheur

Miroir, miroir, dis-moi qui est la plus belle ? Cette réplique de Blanche-Neige, toutes les filles (et quelques garçons !) la posent un jour ou l’autre à leur reflet, avec comme réponse quasi inévitable : ben…pas moi ! Le magazine Philosophie du mois de juin, dans son dossier spécial, pose une autre question : « Qu’est ce qu’être beau ? ». Depuis la seconde moitié du XXème siècle, le physique a pris une place prépondérante dans nos interactions sociales, professionnelles, et amoureuses. Comment en sommes nous arrivés à ce nombrilisme superficiel et tyrannique, et qu’est-ce que la beauté à l’heure du tout photoshopé, où les icônes de papier glacé remplacent celles des temples ?

Libération, aliénation

Pour de nombreux historiens, le début du ‘culte du corps’ se situe dans les années 1960. La fin de cette décennie riche en changements sociaux, culturels et politiques à travers le monde voit décliner les grandes idéologies, au profit de l’individualisme roi. L’augmentation du ‘temps pour soi’, et le matraquage des nouveaux critères de beauté par le cinéma ou la publicité font du modelage du corps une priorité. Désormais, il faut être mince. Diététique et gymnastique deviennent les maîtres mots d’une industrie de la beauté déjà florissante.

Cette tendance se poursuit dans les années 70, puis la décade suivante, c’est le muscle obtenu dans la souffrance qui est de rigueur. Associé à la notion de forme et de santé, il fait partie de l’attirail de la working girl au même titre que les épaulettes et la permanente qui font d’elle une femme forte et indépendante. Mais dès le milieu des années 80, la hype sadique des biscotos décline. Les golden boys ont fait faillite, le chômage guette, c’est le retour des valeurs solidaires et familiales.

N’empêche que désormais, « l’idée d’un corps susceptible de transformation sans fin 1» est bien ancrée dans les esprits, où elle perdure jusqu’à maintenant. Même si les modèles connaissent des variations (la garçonne des années 20, les plantureuses pin-up des fifties, les incroyables hybrides d’aujourd’hui) une norme unique est toujours imposée, loin de la diversité réelle. Le corps est aussi devenu esclave de notre société qui exige performance, discipline, productivité et compétition. On déclare la guerre aux rides, aux bourrelets, et aux poils et on remplit les poches des industries de la beauté pour atteindre un idéal qu’elles nous ont inculqué…

Souffrance, amour ou oubli de soi ?

Philosophie a invité de nombreux penseurs à réfléchir et s’exprimer autour de la question « Qu’est-ce qu’être beau ? ». Trois hypothèses sont développées.

La première associe la beauté avec la douleur. Pour atteindre des canons presque impossibles, il ne s’agirait que de volonté, celle de s’affamer, de trimer des heures durant sur des machines ou d’endurer anesthésie générale, bleus et cicatrices. A ceci, on peut ajouter une autre souffrance, psychologique cette fois, qui amène à ces recours extrêmes. Un sentiment généralisé d’inadéquation, qui touche désormais les hommes comme les femmes, même si ces dernières subissent plus encore la pression du regard des autres, de leur propre regard aussi.

Seconde voie de réflexion : l’amour rendrait beau. Dans cette approche, la beauté n’est plus simple plastique, puisqu’on voit dans l’amant, l’enfant ou la mère bien plus que son enveloppe corporelle. Notre vision englobe alors les idées et souvenirs que l’on partage, les projets en commun, la personnalité que l’on connaît derrière le visage et le corps. Il est vrai qu’on dit souvent que la personne aimée et qui aime est rayonnante. D’un point de vue plus prosaïque, c’est aussi parce qu’être aimé, c’est être « validé », ce qui permet d’avoir plus confiance en soi. Alors, les épaules droites et la tête relevée, on a tout de suite plus de prestance.

Le dernier postulat c’est que pour être beau, il faut s’oublier. Le plus beau des éphèbes serait à la merci de ce travers humain : la conscience de soi. S’appuyant sur les pensées des romantiques, mais aussi sur de nombreuses philosophies orientales, l’auteur explique ici qu’il faut accéder à la spontanéité. Paradoxalement, ce serait en s’entraînant et en se connaissant, que l’on pourrait oublier de penser à ce que l’on est pour se contenter d’être, gracieusement. « Un corps mal bâti peut devenir beau lorsqu’il danse, un visage difforme peut-être transfiguré quand il sourit. 2»

Quelques faits à méditer pour relativiser…

Selon des statistiques récentes, 85 % des jeunes filles n’aiment pas leur apparence…
Si Barbie, symbole de la bimbo, était une vraie femme d’1m77, ses mensurations seraient 85-46-73 et elle devrait marcher à quatre pattes car elle ne tiendrait pas debout.
La femme moyenne pèse 66 kilos.
Il y a vingt ans, les mannequins pesaient 8 kilos de moins que la femme moyenne. Aujourd’hui elles pèsent 23 kilos de moins.
Dove, une marque qui veut briser la loi de la beauté unique avec le Fonds pour l’estime de soi et cette vidéo:

7 ans, l’âge de raison…et de la puberté ? ou le phénomène minipouffes expliqué par la science

Depuis quelques années, on a tous constaté autour de nous un nouveau phénomène que j’appellerai les minipouffes. Des gamines qui nous arrivent à peine au genou et portent déjà des strings « comme les grandes ». Des rase-moquettes aux lèvres gluantes de gloss à la framboise ou des Suri Cruise en talons dès 3 ans. Une étude américaine publiée ce lundi dans le magazine Pediatrics pourrait contribuer à expliquer l’avènement de ces gourgandines en herbe. Elle montre en effet une baisse de l’âge du début de la puberté chez les petites filles aux États-Unis, une tendance que l’on retrouve dans la plupart des pays occidentaux. Les causes de cette puberté précoce ne font pas l’unanimité, et les risques sont encore mal connus.

De plus en plus jeunes

Plusieurs scientifiques de différentes régions des USA ont collaboré à ces recherches, pour lesquelles 1239 fillettes de 6 à 8 ans ont été suivies pendant plusieurs années. Résultat : il est de plus en plus fréquent que les seins apparaissent dès 7 ou 8 ans. Ainsi, à 7 ans, près de 17% des filles présentaient suffisamment de poitrine pour que cela soit considéré comme le début de leur puberté. Un an de plus et le taux passe à plus de 30%. Les petites afro-américaines et hispaniques auraient tendance à se développer plus vite, une différence que ne s’expliquent pas les chercheurs. Cette étude fait écho à une autre recherche similaire publiée en 1997, et qui avait révolutionné les dogmes médicaux, constatant déjà une maturation sexuelle plus prématurée que ce que laissaient penser les textes existants. Mais en un peu plus de dix ans, le nombre de puberté précoces a pratiquement doublé. Pourquoi ?

Obésité et produits chimiques

La première hypothèse des médecins pour expliquer cette évolution est l’influence du surpoids et de l’obésité, et plus particulièrement la surabondance de tissus adipeux. En effet, les cellules du « gras » contiennent des œstrogènes, les hormones qui participent au déclenchement de la puberté. Cependant, une étude danoise publiée dans le même Pediatrics l’année dernière aurait montré qu’il s’agirait plus d’un problème de mode de vie que d’indice de masse corporelle. Manger plus gras, plus sucré, faire moins de sport et être exposé à des perturbateurs endocriniens dans les plastiques ou produits de soin, voilà des facteurs qui, combinés, expliqueraient cette baisse de l’âge pubère. Plusieurs substances en particulier sont soupçonnées de contribuer à un dérèglement hormonal : les phtalates (composants plastique), les phénols (souvent présents dans les produits de beauté), les phytoestrogènes (utilisés pour lutter contre les effets de la ménopause), certains pesticides, mais aussi les hormones de croissances et les stéroïdes.

Risques physiques et psychologiques

Les risques de ces pubertés précoces sont encore mal connus, du fait de la relative nouveauté du phénomène. Les associations de lutte contre le cancer du sein craignent qu’une exposition plus longue du corps aux hormones accroisse le risque d’apparition de la maladie une fois les filles devenues adultes. Un taux plus élevé de cancers de l’utérus serait aussi à craindre, pour les mêmes raisons. Cependant aucun chiffre ne vient pour le moment confirmer ces inquiétudes. En revanche, les séquelles socio-psychologiques d’un développement sexuel prématuré sont notoires. Les filles très en avance dans l’apparition de la puberté ont fréquemment une estime de soi plutôt basse, des troubles de l’alimentation, et des difficultés scolaires. Certains scientifiques affirment même qu’elles auraient une tendance au dessus de la moyenne aux grossesse précoces et tentatives de suicides, et qu’elles seraient plus susceptibles d’être victimes de violences physiques et sexuelles. Précisons toutefois que ces théories ne font pas l’unanimité, et qu’il n’existe pas encore de base de données suffisante pour les valider ou les réfuter.

Les enfants suivies à travers les États-Unis resteront sous l’œil attentif des chercheurs les cinq prochaines années, notamment pour tenter de déterminer les causes exactes de leur maturation précoce. Des tests dans le sang et les urines devraient aider à connaître la part de responsabilités des perturbateurs endocriniens présents dans l’environnement et les produits de consommation. Reste qu’encore une fois, le mode de vie occidental est pointé du doigt. En effet, manger de manière plus saine et pratiquer une activité physique régulière permettrait certainement de réduire le nombre de pubertés précoces.

Internet nous rend-il bêtes ?

L’Europe compte 420 millions d’internautes, et c’est en France que l’on passe le plus de temps en ligne. La question de l’influence de ce réseau omniprésent sur nos cerveaux est donc incontournable. En juin 2008, Nicholas Carr publiait dans le magazine Atlantic Monthly un article intitulé « Is Google Making Us Stupid ? ». Ce texte a déclenché une grande bataille d’idées entre pessimistes à tendance anxieuse et amoureux inconditionnels de technologie, puis un sondage…Voici l’essentiel de la thèse de Carr, ainsi que les opinions de plusieurs écrivains, psychiatres, neurologues, blogueurs ou universitaires.

« Je m’agite, je perds le fil »

En introduction de l’article, Nicholas Carr parle de son propre cas. « Ces dernières années, j’ai eu la désagréable impression que quelqu’un, ou quelque chose, bricolait mon cerveau, en reconnectait les circuits neuronaux, reprogrammait ma mémoire. ». Il dit éprouver une grande difficulté à se plonger profondément dans un texte long depuis qu’il lit sur Internet. Il est vrai, et de nombreuses études l’ont prouvé, que l’on ne lit pas en ligne comme dans un livre. On est sollicité de toutes parts, on a tendance à parcourir le contenu en diagonale, à sauter de lien en lien. Mais Carr pense au-delà de ces faits établis. Pour lui, cette nouvelle façon de lire et de s’informer pourrait changer jusqu’à notre manière de penser et la structure même de nos cerveaux.

Il s’appuie entre autres sur les travaux de Maryanne Wolf, psychologue du développement et auteure de « Proust et le Calamar : l’histoire et la science du cerveau qui lit. ». Selon elle, la lecture sur Internet, qui privilégie « l’efficacité » et « l’immédiateté », pourrait diminuer notre capacité à comprendre un texte en profondeur, à l’analyser. D’autre part, la neurologie moderne a montré que le cerveau humain continue de changer même une fois adulte. C’est ce qu’on appelle la plasticité du cerveau, et c’est ce qui fait craindre à Carr qu’à l’avenir, notre matière grise soit modelée par une information superficielle accessible en quantité au détriment du raisonnement analytique et des idées contemplatives.

Intelligence augmentée ?

Après deux années de débats en ligne autour du texte de Carr, un institut de sondages américain a décidé de faire le point sur les opinions de 371 experts d’Internet. Résultat, 76% pensent que « D’ici 2020, l’utilisation que les gens font d’Internet aura augmentée l’intelligence humaine ; comme ils auront un accès sans précédent à plus d’infirmation ils deviendront plus intelligents et feront de meilleurs choix. Nicholas Carr avait tort : Google ne nous rend pas stupides. » De nombreux sondés semblent penser qu’Internet et les moteurs de recherche ne vont pas diminuer, mais modifier nos capacités cognitives. Pour eux, l’intelligence dans dix ans ne sera donc pas inférieure, mais simplement différente.

Certains valorisent la « sous-traitance de la mémoire » : les neurones qui ne seront plus utilisés à enregistrer une date ou une formule pourraient ainsi être mobilisés pour améliorer notre esprit critique et affuter notre capacité d’analyse. En déléguant au réseau certaines tâches basiques de notre matière grise, une partie de celle-ci serait libérée pour des usages supérieurs. D’autres mettent en avant l’intérêt d’une information brève mais complète, transversale et pluridisciplinaire. Une romancière soutient ainsi que « si on a perdu quelque chose en ne lisant pas 10 livre sur un sujet, on a probablement gagné autant en étant capable de relier facilement les idées de 10 disciplines différentes ».

Facteur humain

Les détracteurs de la théorie de Carr critiquent aussi fréquemment la formulation passive de son titre « Est-ce que Google nous rend stupides ? ». De leur point de vue, ce n’est pas la technologie qui pose problème, mais ceux qui s’en servent. Les méfaits qu’on a vite fait d’attribuer au Web découleraient en fait d’une mauvaise utilisation qui en est faite. Internet et les moteurs de recherches ne seraient que des outils qui accentueraient les tendances naturelles de leurs utilisateurs, en bien ou en mal. Un universitaire pense que « Google ne nous rend pas stupide, mais cela rend beaucoup d’entre nous paresseux intellectuellement. […]Google ne poussera pas l’intellect humain dans une direction prédéterminée. Cela renforcera certaines prédispositions de l’utilisateur : les intellects supérieurs utiliseront Google comme un outil créatif, alors que d’autres laisseront Google penser à leur place ».

Plusieurs sondés ont reconnu la présence d’une distraction sur Internet, avec les liens hypertexte, les publicités, les messages instantanés, les réseaux sociaux, les sites d’humour ou de porno. Un écrivain explique : « Internet, ça veut dire qu’on ne peut jamais se séparer de nous même, de nos tentations et nos obsessions. C’est comme un tabloïd trashy et sans fin, qui aspire le temps, l’espace et la logique dans son tourbillon sans fond. Ce dont on a besoin pour contrer la syntaxe négligée, les abus repoussants, […] c’est de bonne vieille discipline. Nous sommes l’espèce qui a eu le génie de créer quelque chose d’aussi merveilleux qu’Internet…Nous devons donc bien avoir assez de self-control pour rester déconnectés de Facebook. »

Quoi qu’en disent les inquiets ou les optimistes, il est aujourd’hui beaucoup trop tôt pour savoir si Internet changera nos cerveaux, et comment. S’il semble effectivement que nous soyons plus facilement distraits, rien ne nous empêche d’attraper un livre au lieu de suivre un lien. En écrivant cet article, j’ai plusieurs fois dérivé vers mon compte Twitter, consulté ma page Facebook…Et vous, comment utilisez vous Internet, est-ce que vous lisez encore sur papier ? Avez-vous l’impression que votre capacité de concentration ou d’analyse a diminué ?

L’Homme augmenté

 

Les 2 et 3 avril derniers, Megève accueillait le premier Congrès International de l’Homme Augmenté. Une réunion de scientifiques, commerciaux ; chercheurs et penseurs autour du thème de cet homme nouveau, qui utilise la technologie pour maximiser ses possibilités. Comme souvent lorsque l’on aborde le sujet des biotechnologies, il s’agissait d’examiner les bénéfices qui peuvent être tirés (humains et économiques), mais aussi de soulever les questions éthiques, légales et de sûreté. L’homme 2.0, le Bioman de notre enfance, n’est plus confiné aux romans ou aux films de science-fiction futuristes, il a déjà un pied bien ancré dans notre monde.

Cameroun : 50 ans d’indépendance

Le Cameroun fêtait jeudi le cinquantenaire de son indépendance dans les rues, bloquées pour l’occasion, de la capitale, Yaoundé. Cette année 2010 est l’occasion pour de nombreux pays de marquer un demi siècle d’indépendance vis-à-vis des puissances colonisatrices. A Yaoundé, les célébrations n’ont pas vraiment convaincu les habitants, et pour cause. Le président Paul Biya en a profité pour s’auto congratuler en longueur et dans le faste, laissant de côté des populations désabusées mais pas désespérées. Pas question de remise en question ou de vrai bilan dans ce pays parmi les plus corrompus au monde.

Africa21

Les festivités de jeudi succédaient de près à la conférence Africa21 organisée les 18 et 19 mai par le président camerounais. Durant le sommet, étaient présents les chefs d’états Ali Bongo (Gabon), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Fradique de Menezes (Saom Tomé et Principe), tous très contestés dans leur pays. Ont aussi répondu à l’appel les anciens ministres français Michel Rocard, Alain Juppé et Michel Charasse. En revanche, les présidents congolais, guinéen et nigérian n’ont pas pointé le bout de leur nez. A croire que les invitations étaient délivrées aux seuls flatteurs…Qui n’ont pas failli à la tâche. Jean Ping, gabonais président de la commission de l’Union africaine, a ainsi déclaré que « la paix a permis à ce pays de tirer profit de ses richesses humaines et naturelles. Le peuple camerounais peut être fier de ces réalisations. ». Et s’il est vrai que des conflits récents ont été réglés sans recours à la guerre (comme la bisbille avec le Nigéria au sujet de la presqu’île de Bakassi), l’auto satisfaction de Paul Biya après 28 ans au pouvoir n’est pas partagée par tous ses compatriotes, loin s’en faut.

Démocratie de façade

S’il est vrai que le multipartisme a été instauré au Cameroun, les 350 micro-partis qui existent aujourd’hui ne sont pas vraiment témoins d’une démocratie qui fonctionne. En dehors du RDPC (Rassemblement démocratique du peuple camerounais), le parti présidentiel, les chances de devenir fonctionnaire sont minces, celles d’être promu quasi-nulles. Quand on sait que ce sont lesdits fonctionnaires qui gèrent les élections, on imagine bien l’objectivité dont ils ont intérêt à faire preuve…ou pas. Selon une personnes assistant de loin aux festivités et interrogée par le site camerounlibre, Paul Biya aurait modifié la Constitution afin de pouvoir briguer un nouveau mandat en 2011, « On piétine la démocratie, ici ». Et sur ce sujet, même les invités du président restent prudents, Michel Rocard par exemple aurait déclaré qu’il « réservait son jugement » sur la question. De nombreuses organisations comme Amnesty International ont déjà dénoncé les violations commises par le gouvernement à l’encontre notamment des journalistes.

Corruption et dépendance

Sur le site Afrik.com, Bernard Muna, avocat et leader du mouvement d’opposition AFP (Alliance des forces progressistes), explique les raisons du degré de corruption qui persiste dans son pays, et ce en dépit de l’Opération Epervier menée en 2004 pour l’éradiquer. Selon lui, avec cette opération « l’Etat traite les symptômes, pas la cause du problème ». En effet, des actions concrètes pourraient limiter cette gangrène. Par exemple, retourner à l’obligation de payer les factures de l’Etat en bons au trésor « beaucoup de ministres reçoivent de l’argent en espèces, ce qui facilite la corruption ». Deuxième fléau économique majeur : la dépendance sur le plan alimentaire. Sur le site Afrik53, Adrien Macaire Lemdja rappelle qu’il y a 30 ans, le Cameroun était autosuffisant en produits de première nécessité. La politique du gouvernement tendant à louer des terres aux puissances étrangères (Chine, Inde, Turquie) a fait basculer la balance commerciale. Désormais, le riz, le blé, le sucre ou l’huile sont importés à grand prix. Une situation qui pourrait, selon l’auteur, dégénérer en conflits agraires similaires à ceux du Zimbabwe.

Le bilan du pays est donc loin d’être aussi positif que veut bien le faire croire son président. Si l’on ajoute à cela des tensions entre les 300 ethnies du pays et des manques fréquents en eau potable comme en électricité, on voit qu’il y aura encore du pain sur la planche pour le prochain président du Cameroun.

Vers une deuxième guerre de Corée ?

Une chose est sûre, la guerre des déclarations, elle, a d’ores et déjà commencé entre Pyongyang et Séoul. Jeudi dernier, un groupe d’experts internationaux a publié un rapport dénonçant l’implication de la Corée du Nord dans le naufrage du Cheonan le 26 mars. La corvette sud-coréenne aurait donc été torpillée sciemment alors qu’elle naviguait au large de l’île de Baengnyeong, non loin de la frontière maritime entre les deux Corées. Une attaque qui avait coûté la vie à 46 des 104 membres d’équipage.

A ma gauche, Pyongyang

Sitôt le rapport paru, le régime de Kim Jong Il s’est empressé de démentir sa responsabilité dans le torpillage du Cheonan, ajoutant que ses homologues du Sud auraient « fabriqué » des preuves. Pour montrer sa « bonne volonté », le gouvernement du « Cher Leader » aurait même proposé d’envoyer sa propre commission d’experts pour évaluer l’épave du navire. Dans ses communiqués, le Nord assimile le Sud à des « bandits militaires, saisis par une fièvre belliciste ». Certains médias lancent par ailleurs l’idée que cette accusation aurait pour but de détourner l’attention des élections locales.

Dernier rebondissement en date, le Nord accuse à son tour le Sud d’avoir pénétré ses eaux territoriales. Selon l’agence officielle, des dizaines de navires sud-coréens auraient ainsi franchi la frontière maritime depuis dix jours, « une provocation délibérée visant à provoquer un autre conflit militaire en mer Jaune et ainsi pousser vers une autre phase de guerre ». Et d’enchaîner sur une nouvelle menace : si ces intrusions ne cessent pas, le Nord « mettra en œuvre des mesures militaires pour défendre ses eaux territoriales et le Sud sera tenu pour responsable des conséquences ». Mais si Kim Jong Il dispose d’une armée d’un million d’hommes et de femmes, leurs armes sont plutôt rudimentaires et désuètes.

A ma droite, Séoul

Du côté de Séoul, après avoir demandé des excuses à Pyongyang, on bloque l’accès des navires du Nord aux eaux territoriales du Sud et on stoppe les échanges commerciaux, pour « faire payer le prix » des vies perdues lors du naufrage et de la violation de la souveraineté territoriale que cela implique. Un pris élevé, puisque des économistes l’évaluent à 200 millions de dollars par an. Certains d’être dans une situation d’auto-défense, les sud-coréens auraient aussi décidé de remettre en place des mégaphones et panneaux électriques à proximité de la frontière terrestre pour y diffuser une propagande encourageant les militaires du Nord à déserter. Une technique qui avait été abandonnée en 2004 par les deux sœurs ennemies, d’un commun accord.

En outre, les Nations Unies ont été saisies pour décider d’éventuelles sanctions internationales. Le président Lee Myung-bak est de toute façon assuré du soutien des Etats-Unis qui va conduire à ses côtés des essais navals pour prévenir une nouvelle offensive maritime du Nord. Ce qui expliquerait aussi le durcissement de ses propos concernant cet indésirable voisin du Nord « Nous avons toujours toléré la brutalité de la Corée du Nord, encore et encore. Nous l’avons fait parce que nous avons un réel désir de paix dans la péninsule coréenne. Mais maintenant les choses sont différentes. »

Au centre, Pékin

Unique allié puissant de Kim Jong Il, la Chine l’a d’ailleurs reçu en grandes pompes au début du mois de mai. Pour le moment, c’est l’un des seuls pays à n’avoir pas officiellement condamné la Corée du Nord. Mais en tant que membre du conseil de sécurité de l’ONU, les pressions s’accroissent sur Pékin, que l’on presse de choisir un camp. Pour le moment, c’est l’un des seuls pays à n’avoir pas officiellement condamné la Corée du Nord. D’abord, il y a la déclaration sans appel de Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU (d’origine sud-coréenne). Celui-ci aurait déclaré « J’espère sincèrement que cela sera pris en charge par le conseil de sécurité, et qu’il prendra les mesures nécessaires à ce sujet. Des actions majeures doivent être décidées. Les preuves sont concluantes. Il n’y a pas de controverse ».

Deuxième pôle de pression sur la Chine : les États-Unis. Justement, Hillary Clinton, la secrétaire d’état (affaires étrangères), était lundi et mardi dans la capitale chinoise avec une délégation de 200 personnes. Les arguments de l’ancienne first lady ont du convaincre, puisqu’après avoir déclaré espérer sincèrement que toutes les parties concernées garderaient leur calme et feraient preuve de retenue, Pékin se dit maintenant prêt à travailler avec Washington sur la crise coréenne. Il faut dire que la stabilité économique de la région est déjà ébranlée alors qu’aucun conflit ouvert n’a éclaté à ce’ jour.

De nombreux analystes politiques ont souligné l’improbabilité d’une guerre militaire entre les deux pays, qui en pâtiraient beaucoup. Pourtant, il semble que le Nord ait plus à perdre, peut-être même son régime politique tout entier.