Des morts pour l’or du Salvador

L’Etat du Salvador est actuellement poursuivi par une compagnie minière canadienne pour des dommages de 100 millions de dollars. Une affaire internationale digne d’un roman policier, où se mêlent libre échange, souveraineté des Etats, mais aussi corruption, meurtres et intimidation…Face à une entreprise gourmande et tentaculaire, les populations locales feront-elles le poids ?

El Dorado

C’est le nom du projet développé par Pacific Rim, une entreprise minière basée à Vancouver, sur la petite commune de San Isidro. Située à environ 65 kilomètres à l’est de la capitale San Salvador, la propriété s’étend sur 14 400 hectares et est traversée par cinq cours d’eau, dont la rivière Lempa, l’une des plus importantes du pays. Acheté il y a huit ans par l’entreprise, le terrain a déjà été foré et la quantité d’or estimée à un peu plus de 2 282.05 kilogrammes par année d’extraction, soit un gain potentiel de 190 millions de dollars au total.Quand on ajoute à cela l’explosion du cours de ce métal précieux ces dernières années, on constate qu’El Dorado est un nom bien choisi pour le projet de Pacific Rim. Mais, malgré les quelques 70 millions de dollars investis dans la recherche de veines d’or, le permis d’exploitation demandé en 2004 n’a toujours pas été accordé par le gouvernement.

David contre Goliath

Si au début, les habitants de San Isidro sont favorables au projet de Pacific Rim, la situation ne tarde pas à changer. Les emplois promis par la compagnie minière ne sont garantis que pendant la durée de vie de l’exploitation (6.2 ans si l’on en croit les chiffres de Pacific Rim).De plus en plus de pays avoisinants connaissent des problèmes liés à l’exploitation de leurs ressources minières. L’extraction d’or demande un usage massif de cyanide et d’eau, et engendre le rejet dans l’eau d’arsenic ou encore de mercure. Les salvadoriens, qui ont déjà de grandes difficultés à accéder à l’eau potable, craignent que leurs cours d’eau soient ainsi pollués, empoisonnés. La prise de conscience se généralise aussi grâce à Radio Victoria ou au rappeur MC Lethal.

Les activistes pugnaces, avec le soutien de membres du parlement US et de nombreuses ONG parviennent à empêcher l’exploitation de la mine en faisant pression sur le gouvernement. En juillet 2008, Pacific Rim semble se décourager et quitte le pays. Mais cinq mois plus tard, ils annoncent au gouvernement salvadorien qu’ils vont le poursuivre pour infraction au CAFTA, le Traité de Libre Echange Centraméricain. Le Canada n’est pas signataire de cet accord ? Qu’à cela ne tienne, Pacific Rim déplace sa filiale des îles Cayman jusqu’au Nevada pour pouvoir porter plainte auprès de la Banque Mondiale.

Ramiro, Marcelo et Dora

En 2009, trois activistes anti-Pacific Rim sont morts dans la région de San Isidro. En juin, Marcelo Rivera, professeur et activiste anti-Pacific Rim disparait. Son corps est retrouvé deux semaines plus tard, au fond d’un puits, à des kilomètres de son domicile. La police n’ouvre pas d’enquête et conclue à une improbable bagarre entre ivrognes, malgré des marques évidentes de torture (ongles, nez bouche et scalp arrachés, traces de brulures sur la peau). Puis en Décembre, c’est au tour de Ramiro Rivera d’être abattu, alors même qu’il était sous protection policière. Dans une interview qu’il avait accordée l’année précédente, il disait s’attendre à ce sort car il avait reçu des menaces de mort. Six jours plus tard, Dora Sorto Recinos est tuée.

Il va sans dire que Pacific Rim n’a jamais été directement lié à ces trois meurtres, et a bien sur déclaré n’y être impliqué d’aucune manière. Dans un pays où 12 personnes meurent tous les jours, on fait vite l’impasse sur quelques cadavres gênants. Pourtant, la même année, les incidents se multiplient, de plus en plus troublants. De nombreux militants ou journalistes de radio Victoria reçoivent des menaces par mail en provenance d’un certain ‘exterminio pacificrim’. Au domicile d’un activiste, des voleurs des voleurs s’emparent d’affiches de campagne, d’une clé USB regorgeant d’informations, mais laissent bijoux et argent liquide sur place. Luis Quintanilla, un prêtre qui milite aussi contre l’exploitation de la mine d’or, échappe de peu à quatre gros bras cagoulés.

Corruption et fraude électorale

Cette absence de réactivité des autorités locale pourrait s’expliquer par l’intérêt qu’ont les maires et autres procureurs de la région à protéger Pacific Rim et son ‘El Dorado’. Comme la loi fiscale salvadorienne taxe les profits des entreprises au niveau local, 1% des revenus de la compagnie reviendrait à la petite ville de San Isidro. Au vu des bénéfices projetés, ce petit pourcentage suffirait à décupler le budget de la commune, pour qu’il atteigne le million de dollar. Une somme considérable pour une aussi petite ville, suffisante peut-être pour faire taire les curieux.

Déjà, lors des dernières élections municipales et législatives, plusieurs ONG ont découvert que des dizaines de honduriens avaient été payés 100$ pour traverser la frontière et voter pour José Ignacio Bautista, le maire depuis 13 ans, appartenant au parti de droite ARENA. Des guatémaltèques aussi avaient été découverts dans les bureaux de vote, forçant à interrompre le scrutin. Bautista est quand même réélu, et les militants qui s’y opposent affirment « Tous les gens de la municipalité savent que Pacific Rim lui a donné de l’argent pour sa campagne, et pour qu’il les laisse continuer leurs projets de minage ». Une corruption qui ne se cache pas, mais à laquelle le nouveau président de gauche, Mauricio Funes, a promis de mettre fin.

Le verdict de l’affaire Pacific Rim VS l’Etat du Salvador devrait être rendu d’ici la fin de l’année. C’est le CIRDI (Centre International pour le règlement des différends relatifs aux investissements) qui jouera le rôle d’arbitre, un arbitre dont l’impartialité à été questionnée à maintes reprises. Reste que le jugement qu’annoncera cette institution pourrait définitivement faire pencher la balance en faveur des investisseurs étrangers, au détriment des populations locales et de la souveraineté nationale. Est-ce que, bientôt, une entreprise étrangère pourra avoir de pouvoir que le gouvernement au sein des Etats ?

Daghestan : un « endroit rêvé » entre violence, misère sociale et corruption

Si l’on en croit le site russie-voyage.com, « la République du Daghestan est un endroit rêvé pour un voyage en Russie… ». Et le boniment se poursuit, vantant les beautés de la région, ses trésors architecturaux, historiques et naturels. Évidemment, nulle mention de la violence sous-jacente qui y règne en permanence et explose régulièrement. Car depuis la chute de l’URSS, les ingrédients les plus volatils se mélangent dans cette région du Caucase Nord. Corruption, disputes ethniques, religieuses et économiques maintiennent la zone au bord de la guerre civile.

Portrait d’un pays rebelle

La plupart du temps, le Daghestan, moins médiatique que la Tchétchénie, frôle à peine les oreilles et les yeux des lointains et souvent indifférents occidentaux que nous sommes. C’est pourtant la plus grande république du Caucase Russe, la plus peuplée aussi, avec ses 2.6 millions d’habitants. Autre particularité : une incroyable diversité ethnique. On y trouve plus de 40 dialectes, même si la langue officielle est le russe. L’ethnie la plus importante est celle des Avars. Les populations sont par ailleurs divisées en clans.

Comme sa voisine tchétchène et les autres république du Caucase russe (Karatchaïévo-Tcherkessie, Kabardino-Balkarie, Ossétie du Nord, et Ingouchie), la République du Daghestan est majoritairement musulmane (91% de la population). C’est traditionnellement l’islam soufiste qui est pratiqué par les populations, mais de nombreux missionnaires wahhabites, protégés par les rebelles islamistes, leur disputent désormais leurs fidèles.

En dehors de quelques grandes villes, dont la capitale Makhatchkala, les habitants de cette république sous tutelle vivent surtout à la campagne. Sa configuration géographique entre Mer Caspienne et montagnes a permis au Daghestan de conserver longtemps cette variété culturelle exceptionnelle. Mais le géant russe, cherchant à combler ses aspirations d’empire tentaculaire, a commencé des campagnes d’unification il y a déjà cent cinquante ans dans la région. Il n’est parvenu à ses fins qu’après 30 ans, et avec la mobilisation de 300 000 hommes des troupes du Tsar. Il existe donc au Daghestan une vraie tradition d’’insoumission, qui perdure sous une autre forme aujourd’hui.

Violences quotidiennes

Ces derniers mois, le Daghestan a connu des violences pratiquement tous les jours. Il y a les assassinats de figures de l’autorité par les rebelles islamistes, mais aussi les règlements de comptes entre clans, et le terrorisme qui tue à l’aveuglette. Depuis le début de l’année, 82 membres des forces de l’ordre ont été tués, et 131 blessés. Mais les policiers et les juges ne sont pas les seuls à être visés par les insurgés djihadistes, puisqu’un pasteur de l’église orthodoxe, qui avait converti 800 personnes à sa foi a récemment été abattu. C’est aussi du Daghestan qu’étaient originaires les deux terroristes qui se sont faites exploser dans le métro moscovite en mars.

Les rebelles semblent par ailleurs chercher une nouvelle stratégie contre Moscou, en attaquant des cibles économiques, comme ce fut le cas dans une des républiques voisine, où une centrale hydroélectrique a été partiellement détruite. Frapper dans les bourses, ça fait toujours mal (^^), surtout quand on sait que le sous-sol du Caucase russe est bourré de pétrole, de gaz et de charbon.

Côté civils, le bilan est a priori moins lourd, avec 11 civils tués par des actes de terrorisme et 57 blessés. Mais le fonctionnement clanique et l’esprit rural et très pieu font du meurtre une occurrence plutôt fréquente dans le pays. Typiquement, si le membre d’un clan A est assassiné, et qu’on soupçonne un membre du clan B d’en être responsable, ce dernier ne va pas tarder à avoir un trou plutôt inconfortable dans la peau. Du coup, son clan voudra à son tour se venger, et ainsi de suite. Il peut également y avoir bataille pour l’accession à tel ou tel poste de pouvoir, avec un déroulement similaire. Le nombre des victimes de la violence politique exercée par le pouvoir central pour conserver sa mainmise n’est pas connu(surprise!).

Le Daghestan est considéré comme la république la plus corrompue de Russie, ce qui n’est pas peu dire. Le président y est mis en place par Moscou, et les administrations locales reviennent généralement au plus offrant, au plus riche, au plus puissant. Pour les autres, il ne reste que les miettes, et 20% de la population n’a pas d’emploi légal. Le marché noir et la prostitution fleurissent au détriment des plus modestes. Une injustice flagrante qui contribue à la défiance des daghestanais face aux autorités, et à l’augmentation du nombre de rebelles recrutés parmi les déçus du système.

Une mosquée près de Ground Zero ?

Alors que les élections de mi-mandat approchent aux États-Unis dans un climat économique et social délétère, une nouvelle polémique fait rage. Le projet de construction d’un centre communautaire musulman à deux ‘blocks’ de Ground Zero (le site des attentats du 11 septembre 2001) divise les citoyens et politiques américains. Un sondage CNN montrait la semaine dernière que 68% des américains y étaient opposés, et le sujet, pourtant local, pourrait bien devenir un des enjeu pour le scrutin de novembre…

« Mosquée monstrueuse »

Le projet de construction de la Cordoba House sur le Park 51 est en fait dans les tuyaux depuis huit mois, et cela n’avait pas déclenché d’émoi particulier. C’était sans compter l’intervention d’une blogueuse du nom de Pamela Geller. Le 6 mai, elle écrit un article intitulé « Une mosquée monstrueuse va voir le jour dans l’ombre de la mort de la destruction islamiques du World Trade Center ». Elle y dénonce violemment l’initiative, qui serait à ses yeux une insulte, une humiliation et une provocation pour les milliers de morts du 11 septembre et leurs familles, ainsi que « de l’expansionnisme et de la domination islamique ».

Des propos extrêmement virulents qui sont plutôt habituels chez Pamela Geller, dont le site (Atlas Shrugs) contient près de 270 articles débattant l’appartenance de Barack Obama à la foi musulmane. Elle a par ailleurs monté une association, « Stoppez l’islamisation de l’Amérique » (SIOA) avec un autre blogueur d’extrême droite ouvertement islamophobe, Robert Spencer (Jihad Watch). Les sites de ces sympathiques militants renvoient dans les liens vers d’autres organisations tout aussi pacifiques et bienveillantes, entre autres les skinheads de la English Defense League (de « courageux patriotes » selon Geller). Spencer et Geller, éternels défenseurs de l’amour et de la concorde, ont aussi fait l’acquisition de panneaux publicitaires sur les bus de Manhattan. On y voit les tours du WTC face à la Cordoba House (où un croissant et une étoile ont été ajoutés) et l’inscription « Pourquoi ici ? ».

Républicains et Démocrates divisés

Une fois la polémique lancée sur le net, tout le monde politique y est allé de son petit commentaire, sans que cela dépasse toutefois le cadre local. Mais le vendredi 13 août, voilà que le président himself s’en mêle. Au cours du traditionnel iftar célébrant le ramadan à la Maison Blanche, Barack Obama a reconnu que Ground Zero était un « hallowed ground » (un sanctuaire) mais il a rappelé les principes du 1er amendement en ces termes : « En tant que citoyen, et en tant que président, Je crois que les musulmans ont les mêmes droits à pratiquer leur religion que tout le monde dans ce pays. Et cela inclus le droit de construire un lieu de culte et un centre communautaire sur une propriété privée du sud de Manhattan, en accord avec les lois et ordonnances locales. C’est l’Amérique. Et notre engagement pour la liberté religieuse doit être inébranlable. »

Une déclaration « applaudie » par le plus fervent défenseur du centre Cordoba, le maire républicain de New-York, Michael Bloomberg. Un autre républicain, qui a de surcroît perdu sa femme dans les attentats du 11 septembre, Ted Olson, approuve également « nous ne voulons pas transformer un acte de haine des terroristes envers nous en un acte d’intolérance contre les personnes religieuses ». En revanche, Harry Reid, sénateur démocrate a désavoué le président, estimant que le centre ne devrait pas être construit à cet endroit. Sans surprise, Sarah Palin s’est également opposée au projet, notamment via Twitter.

Islamophobie croissante

Mais parmi les opposants au projet Cordoba, certains ont été beaucoup plus loin, trop loin. Newt Gingrich est l’ancien porte parole républicain à la Chambre des représentants, et il se verrait bien candidat des éléphants aux présidentielles 2012. C’est peut-être dans cette perspective qu’il a fait cette déclaration toute en nuance, alors qu’il était l’invité de Fox&Friends sur la chaîne conservatrice de Rupert Murdoch : « Les nazis n’ont pas le droit d’ériger un insigne à côté du musée de l’holocauste à Washington. On n’accepterait jamais que les japonais construisent un site à côté de Pearl Harbor ». Un blogueur de droite (RedSate) et contributeur sur CNN, Erick Erickson, a lui aussi fait preuve de discernement, en comparant l’Islam au satanisme et en suggérant qu’Obama soutenait par ses propos les « sacrifices humains ».

Ces débordements sont en fait symptomatiques d’une islamophobie croissante aux Etats-Unis. Car le débat autour de la soit disant « mosquée de Ground Zero » joue sur les sentiments pour soutenir une politique nauséabonde. En fait, il existe déjà deux mosquées à proximité, mais cela n’a jamais posé de problème. Et s’il s’agissait vraiment de protéger la mémoire des victimes du 11 septembre, comment expliquer les manifestations contre l’implantation de lieux de culte musulman dans le Tennessee, en Californie, en Géorgie ou à Staten Island ? Comment expliquer qu’une église de Floride projette d’instaurer à la date du triste anniversaire un jour pour brûler le Coran ? Pourquoi les américains sont-ils de plus en plus nombreux à penser que Barack Obama est musulman ? Et tout cela malgré les données récemment publiées par Gallup and Pew qui démontrent que l’immense majorité des musulmans aux Etats-Unis sont bien intégrés économiquement, politiquement et religieusement…

Le centre Cordoba n’est pas « la mosquée de Ground Zero ». D’abord, parce que le design architectural des treize étages est volontairement sobre, sans coupole et sans minaret. Ensuite parce qu’il s’agit d’un centre complet, avec une salle de sport, des salles de réunion, une piscine, un restaurant, une bibliothèque, un auditorium, une garderie, bien sur une salle de prière accessible à tous et…un mémorial du 11 septembre. Dans deux semaines, à la date fatidique, la SIOA a prévu de manifester son opposition au projet. Une belle manière de se souvenir des musulmans pacifiques qui sont morts, comme les chrétiens et comme les juifs, dans un déluge de feu et d’acier, tués par des extrémistes illuminés.

A Bucarest, brainstorming pour faire de la Roumanie une marque

Créer une culture « skate », revoir le design des billets de lei et offrir une histoire aux touristes (en dehors de l’incontournable palais du parlement, qui résulte de la destruction d’un tiers de la ville par Ceaucescu pendant l’ère communiste)…Voilà quelques unes des idées pour redynamiser l’image et le PIB d’un pays rongé par la crise.

Le 6 juillet, la ministre roumaine du tourisme, Elena Udrea, portait une tenue folklorique pour se rendre à Satu Mare, dans le Nord Ouest du pays. Les publicités lancées par cette jeune femme de 36 ans, vantant « un seul pays, tellement d’expériences », ont été financées en 2009 avec des millions d’euros d’argent public, en provenance notamment de la BRD Société Générale, deuxième plus grosse banque en Roumanie. Ces réclames mélangent des scènes de boîtes de nuit et de beach-volley avec des images de zèbres courant devant le palais du parlement (anciennement palais du peuple), et de femmes polyandres… De quoi donner envie de venir en Roumanie, c’est sûr.

Faut-il jalouser la jet-set roumaine ?


Elena Basescu, fille du président, député européenne et jet-setteuse invétérée, incarne l’image des « copii de bani gata », ces « gosses de riche » roumains qui naviguent entre l’idolâtrie des magazines people et les journalistes qui les conspuent. Une question lancinante nous prend la gorge à leur rencontre : ces fils à papa sont-ils heureux ?

Les médias parlent d’eux comme de la nouvelle élite, mais ils n’ont rien d’une élite au sens traditionnel du terme. Les copii de bani gata (« copii » pour « gosses » – « bani gata » pour « parents riches ») sont des enfants qui se complaisent dans le luxe que leurs riches parents leur procurent. Ils sont les héros quotidiens des pages people et les protagonistes des télé-réalités les plus hautes en couleurs. Pour beaucoup de Roumains, ils sont une source d’admiration et d’envie sans fond, étant les représentants la classe sociale qui a le plus profité de la transformation du système politique.